NAVIGATIONS ONIRIQUES 

 25 ans de PRIX DU POEME EN PROSE

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          1971 : Le matin de Noël, Louis Guillaume s’en va “sur l’autre rive”. L’oeuvre et les écrits du poète ont grandement contribué à donner ses lettres de noblesse au poème en prose : ce genre poétique se veut “un tout, une cristallisation (qui) ne doit avoir aucune fin, pas plus narrative que démonstrative. (Qui) ne doit être ni une anecdote, ni un conte, ni une histoire, ni une fable, mais un poème seulement (avec) toutes les qualités du poème moderne : condensation, rapidité des images, sobriété...” (¹)

Depuis 1973, date de création du Prix Louis Guillaume, l’Association créée par Marthoune et ses amis, animés par un devoir de “mémoire vive”, couronne chaque année un recueil écrit dans ce style, et envoie pour une semaine le lauréat sur l’île de Bréhat qui abrita pendant si longtemps le poète dont la stèle est devenue mythiquement symbole de bonheur éternel pour les couples qui s’engagent en  lisant les vers  gravés dans le marbre ! 

Outre une conférence présentée par Louis Guillaume à la Sorbonne, au cours de laquelle il résumait l’historique du poème en prose, "Navigations oniriques (²) reprend un poème de chacun des vingt-cinq premiers lauréats, allant de Marcel Hennart “Assis afin d’écrire un peu”, de Raoul Bécousse à Louis Le Bihan dont la page vierge est pour le lecteur pleine d’interrogations... se reflète au fil des années dans “Le miroir de Narcisse” de Jacquette Reboul... s’attarde au “pas qui va franchir le seuil” de Jean Laurent... voyage avec André Doms “Sur le chemin d’Ulysse”, se “promène le long d’une plage sourde d’hiver”, avec René Pons... exprime enfin sur ce quart de siècle de poésie les angoisses de jeunes poètes, leur volonté “d’exister”.

A lire absolument, afin d’être celui qui “de la plus haute tour / Dont les parois seront de chair “, émergera de “la nuit des mondes”.(³)

Jeanine RIVAIS 

 

 (¹) Extrait de la conférence.

(²) NAVIGATIONS ONIRIQUES : Ed. L’Arbre à paroles. En vente à la Maison de la Wallonie, 46 rue Quincampoix. Paris 75004.

(³) André Lagrange : “Portulan(s). Ed. Des Prouvaines (1988)