RÉVÉLATION SALON 2026 SALLE MARCEL HASQUIN
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UNE DÉMARCHE CONTEMPLATIVE, UNE POÉSIE DES HORIZONS, LES CRÉATIONS DE JOHELL
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Surprenantes sont les œuvres de Johell qui développe une signature plastique très cohérente et affirmée, ancrée dans l’art matiériste. **
Cet artiste est remarquable par son utilisation de la texture et du relief de ses tableaux : Il utilise un travail en épaisseur appelé « impasto » qui est un mortier de structure, composé de sciure, pigments bruts, sable ou intégration de matériaux comme du carton ondulé ou du grillage. Les effets de grattage, d'empreintes et de superposition créent une surface vivante, presque géologique. Sa palette est minérale et terrienne ; son univers chromatique repose sur des teintes très naturelles : ocre, gris ardoise, sable, rouille et bleus assombris. Cette sobriété donne un aspect brut, vieilli par le temps, les éléments ou l’érosion. Ses compositions sont équilibrées : La plupart des toiles s'articulent autour d'une ligne d'horizon centrale ou légèrement décalée, structurée par des rythmes verticaux générés par des hachures, coulures, incisions...
Le but de ce travail est de produire des œuvres sur les blessures de l’âme, essayer de briser les frontières traditionnelles de la peinture en repoussant les limites de la perception. Il s’agit-là d’une démarche contemplative. Entre la puissance brute des textures et la sérénité des couleurs, les toiles de Johell invitent le visiteur à un voyage sensoriel et poétique.
Johell propose donc une œuvre abstraite et profondément tactile, où la matière devient le sujet principal. Travaillant en superpositions, grattages et empâtements, comme il est dit plus haut, l'artiste crée des surfaces d'une grande richesse texturale, qui évoquent l'érosion, le temps qui passe et la trace des éléments. Mais, bien que son œuvre soit abstraite, elle appelle de nombreuses résonances figuratives : Le visiteur y devine paysages et horizons, lignes de côte, reflets sur l'eau, forêts à travers la brume ou ciels … Mais sa subjectivité lui fera également détecter des traces industrielles ou urbaines, certains motifs rappelant des palissades, des tôles rouillées, des écorces d'arbres ou des strates rocailleuses. Ou au contraire ressentir une poésie de l'horizon, le mouvement de la mer, la brume, les côtes rocheuses…
Finalement, Le dialogue de Johell avec les formes ; la répétition des rythmes verticaux (les incisions, les hachures) qui viennent fendre la ligne d'horizon offrent une vraie tension visuelle, très structurée. Et de l’atmosphère contemplative de ces œuvres, se dégage une vraie sérénité, empreinte d'une poésie brute et intemporelle. C'est un travail mature et élégant, qui joue brillamment sur la lumière accrochée par les reliefs et apporte une présence forte et chaleureuse dans un intérieur moderne.
Jeanine RIVAIS
*Le matiérisme est un courant pictural qui serait né autour de la Seconde Guerre mondiale en France avec l’artiste Jean Fautrier et le représentant de l’art brut Jean Dubuffet. Le matiérisme est connu pour l’utilisation de matériaux non traditionnels, comme le sable, le bois, la cire, le plâtre, etc. et est souvent traité en empâtement. Ce courant, qui se trouve à la limite entre la peinture et le modelage, peut trouver ses prémices dans le collage cubiste, ou encore la diversification des matériaux et l’assemblage dadaïste et surréaliste.
le site artistique de jeanine rivais