QUAND LE MUSEE PIERRE MERLIER CONSACRE SES PHOTOGRAPHES
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Combien de fois vous ai-je parlé du musée Pierre Merlier, situé à proximité d'Auxerre ? Et pourquoi ne suis-je jamais lassée de vous en reparler ? C'est que ce musée est une véritable perle, présentant une remarquable collection d'œuvres d'un artiste talentueux, discret, trop souvent méconnu.
Que vous arriviez en voiture, et entriez par la porte comme tout un chacun ; ou que vous soyez en balade à bicyclette sur le chemin de halage le long du canal du Nivernais, en faisant une halte au musée, vous recevrez un accueil fort sympathique et ferez une découverte extraordinaire.
Mais aujourd'hui, nous resterons sur ce chemin de halage déjà évoqué, car le musée Pierre Merlier récompense les SINGULIERS REGARDS de ses amis photographes.
Pour la cinquième année, en effet, un concours a été organisé, auquel ont participé une douzaine de candidats. Il s'agit, pour chacun, d'intervenir à son gré sur une œuvre de l'artiste. Sélection difficile, vue la qualité des œuvres reçues, à laquelle se sont attelés les six membres du jury venus de tous les horizons.
Les candidats sélectionnés étaient cette année :
Candidat N°1 : ERIK POULET-RENEY
Ce candidat, photographe et écrivain, absent à son grand regret, avait envoyé un petit texte destiné à le remplacer : « Ce petit homme, arrivé un peu par hasard au bout de mon objectif, ainsi mis à l’écart, en marge, m’a inspiré comme j’aime l’être à travers mes personnages créés dans mes romans, comme celui titré « Père à terre ». Il est replié sur lui-même, le visage émacié avec un regard craintif, les épaules étriquées dans la veste de son costume. Il semble aspirer à une main tendue, l’ouverture d’une porte salvatrice pour trouver son chemin. Cette humble personne m’évoque quelque part, le chanteur Charles Aznavour à ses débuts ; après s’être appelé Shahnourh Varinag Aznavourian, d’origine arménienne. Calomnié pour sa voix singulière, sa gestuelle et sa petite taille, il a alors écrit cette chanson-phare « Je m’voyais déjà », qui fut son sésame pour entrer par la grande porte et dans le cœur des Français.
Cette photo inspirée par ce regard sculpté, au nom de toutes les personnes rejetées, refoulées dans l’ombre, mises à l’index, s’inscrit dans la continuité de mon travail d’écrivain, puisque mon écriture est souvent au service de toutes les différences.
Merci au jury, au sculpteur Pierre Merlier et à son équipe qui perpétue son œuvre dans ce lieu, au bord du canal, comme une métaphore offerte à tous les voyages possibles, aux fugues et vers la liberté ».
Lauréat N° 2 : MURIEL ABRY, membre du club de photos d’Auxerre.
Lauréat N° 3 : PHILIPPE BONNARDOT qui avait choisi Otto Dix. Lequel avait, en son temps, dénoncé les horreurs de la guerre.
Lauréat N° 4 : GILLES GARNERIN qui par un brin d’humour a placé le portrait de Pierre Merlier dans le coin droit en bas, et l’icone du musée dans le coin gauche, en haut.
Lauréat N° 5 : CHANTAL TOLEDANO qui, selon ses amis, se venge ainsi de n’avoir pas été sélectionnée les années précédentes.
Vous pourrez admirer jusqu'à la Toussaint, sur la grille du musée, les œuvres de ces cinq lauréats. Tellement originales, tellement différentes les unes des autres et pourtant toutes hommages au même créateur. Et n'oubliez pas, quand vous aurez parcouru leur monde imaginaire, de franchir la grille et de pénétrer dans celui, inoubliable, de Pierre Merlier. Belle visite !
Jeanine RIVAIS
VOIR AUSSI : Texte de Jeanine Rivais : "La forêt humaine de Pierre Merlier" http://jeaninerivais.jimdo.com/ Rubrique Hommages
MUSEE PIERRE MERLIER Hameau du Saulce, 89290 ESCOLIVES-SAINTE-CAMILLE. Ouvert de Pâques à la Toussaint, tous les jours sauf mardi, 11h/18h30. Tél : 06.75.12.87.04.
Photo 1 Musée Pierre Merlier.
Photo 1 : Une vue du musée.
Photo 2 Un coin du musée.
Photo 3 Un autre coin du musée.
4 à 8 : Les lauréats du concours.
le site artistique de jeanine rivais
