Ce texte est un peu personnel ! Rien à voir avec la presse officielle. Mais c'est Jeannie Godard qui m'en a donné l'idée, quand elle est venue m'apporter le colis des vieux, et que je lui ai dit ce que nous étions en train de faire :  Elle m'a alors "ACCUSEE" de faire trop travailler Michel.

Et pour travailler, il est vrai que nous avons beaucoup travaillé ! Je dois dire Qu'IL a beaucoup travaillé, moi faisant souvent la mouche du coche !!!

Notre maison est très ancienne, puisqu'elle date des années 1860 ! Aussi réclame-t-elle parfois quelques accommodements ! Un jour, nous avons décidé de quitter Paris pour vivre à Courson. Michel a alors entrepris d'ajouter un étage à la maison ! Imaginez ! Démolir l'ancienne toiture, le faux grenier et créer de A à Z, un étage, depuis la sole de béton, les murs, la peinture, la toiture jusqu'à la dernière tuile et même l'épi de faîtage !!! (C'est d'ailleurs lorsqu'elle a été terminée que nous avons décidé en 2011 de nous marier officiellement ! )

Mais monter tous ces matériaux (travail qui m'a été dévolu) jusqu'au deuxième étage impliquait un outil spécial : une poulie ou un palan ! Nous avons donc acheté les deux pour dix euros pièce dans des vide-greniers ! 

Magiques outils vieux et rouillés, mais solides, à toute épreuve ; qui nous ont simplifié la tâche lors de la construction (parpaings, chevrons, tuiles, etc.), puis lorsque j'ai hérité de ma mère un buffet datant de ma grand-mère, et une maie ancienne : c'est-à-dire en vrai bois solide, plein, lourd ! Jamais le moindre problème ! Notre poulie ou notre palan avaient monté allègrement ces objets par le balcon du bureau de Michel ! 

 

Arrive le moment où, il y a quelques semaines, dans un souci d'isolation de la maison, il a décidé de remplacer sa porte-fenêtre d'origine par une neuve, bois exotique, double vitrage, pesant 90 kg ! Le livreur qui l'a apportée a essayé de l'aider par l'intérieur. Mais au virage de l'escalier, rien à faire elle était trop large. Il fallait donc se résoudre à la passer… par le balcon ! Sûr qu'aucun problème ne surgirait, Michel a installé la poulie. Hélas !Tire, tire donc, comme dit la chanson ! Michel au bout de sa chaîne !  Moi en bas pour vérifier l'équilibre ! Rien à faire ! La fenêtre ne décollait pas d'un pouce! 

          Il a donc dû enlever la poulie (qui venait de perdre de son prestige) et installer à la place le palan ! Tâtonnements, palabres, enfin la montée commençait ! La fenêtre se dirigeait, hisse ! O hisse ! vers sa destination finale : remplacer la porte-fenêtre préexistante. Même si ce jour-là, bien sûr, il ne s'agissait encore que de la monter dans le bureau ! 

          Seulement voilà, cette fenêtre mesure 2,15 mètres ! Trop haute pour passer entre la balustrade du balcon et le palan ! Re-supputations, re-palabres !! Michel conclut enfin qu'il faut la coucher ! (elle est donc à ce moment-là, en suspension ! ) Dont acte ! 

Ne restait plus QU'A la coucher, la basculer, la tirer, la pousser, la faire glisser le long de la table !! Et la voilà là-haut !

 

          Ouf ! Fin du stress, fin de la peur qu'elle ne retombe et se retrouve en miettes ! Fin pour moi de la terreur que Michel ne glisse lorsqu'il est en équilibre sur la rambarde du balcon… fin, fin, fin ! La fenêtre est en haut ! Michel est en bas qui range ses outils ! Et moi, j'essaie de me remettre de mes émotions en ouvrant le beau sac dans lequel cette année se trouvent les cadeaux pour les vieux !!!