Il y a environ huit ans, un jour où nous allons à Auxerre, nous devons  passer par le centre-ville. Par chance, se présente alors une belle place juste au-dessous de la poste.   

          Michel se gare donc, part chercher un ticket,  je reste près de la voiture. Arrivent deux flickettes dont l'une regarde à travers le pare-brise, et commence à verbaliser. Je m'insurge et je dis que mon mari est parti chercher le ticket. Michel revient alors, le ticket à la main. Tous deux, nous protestons ! L'une des flickettes dit alors à Michel : "Vous n'aviez qu'à aller chercher le ticket avant de vous garer !". Michel, abasourdi, s'exclame : "Il aurait donc fallu que je laisse ma voiture au milieu de la rue, que j'aille chercher un ticket à quelques centaines de mètres, et qu'ensuite seulement,  je cherche une place pour me garer !". Pas de réponse, un haussement d'épaule, le PV glissé sous l'essuie-glace le plus près. Et elles partent, nous laissant muets d'indignation !  Nous leur lançons quand même, par bravade : "Nous ne paierons jamais cette amende !"

Nous allons faire les courses, ruminant cette injustice, et la bêtise de la déclaration de la flickette, et nous rentrons !

 

Commence alors une véritable odyssée :

D'abord, comme il est proposé sur la contravention, nous envoyons une protestation à l'Officier du Ministère public près le Tribunal de Police qui nous répond quinze jours plus tard de lui envoyer l'original du ticket de stationnement.

Mais entre temps, nous allons à la gendarmerie de Courson, de service ce jour-là, espérant que face à tant d'ineptie, ils auraient le pouvoir et la volonté de nous "faire sauter" l'amende, comme il est dit en langage populaire ! Hélas ! Messieurs-dames, vous devez comprendre qu'une telle action ne relève pas de leur compétence. Qu'il nous faut aller au commissariat de police, donc à Auxerre.

Dès que possible, nous y retournons, tournons en rond pour trouver le commissariat, sonnons à la porte, parlons dans le judas, et entrons enfin ! Un bon moment d'attente, et arrive une "responsable" à qui nous racontons notre affaire ! Que conclut-elle, au bout de notre récit ? Qu'une telle action n'est pas de la compétence de la police. Qu'il nous faut écrire à la mairie d'Auxerre. 

De retour à la maison, nous rédigeons une fois de plus notre complainte, copie de l'amende, du ticket de stationnement, et l'adressons personnellement au Maire.  Qui nous répond… que nous devons payer ! 

 

L'affaire aurait donc pu en rester là, et nous être tenus d'obtempérer ! Mais voilà que, miracle, dans la semaine,  le journal publie une nouvelle qui a dû réjouir bien des contrevenants comme nous ! "Le Conseil d'Etat fait obligation à l'autorité d'exposer de façon complète et précise les raisons pour lesquelles la décision prohibitive, à vocation générale et collective, a été prise, de sorte que celui qui la subit puisse, "à sa seule lecture" en connaître les motifs, et partant en tirer les cause de sa légalité".

En langage clair, des villes (dont Auxerre) n'avaient pas suffisamment motivé les raisons pour lesquelles étaient établis des PV à certains endroits de la ville ! De ce fait, les PV étaient donc nuls et non avenus !! 

 

Forts de cette déclaration, nous avons récrit à la mairie, avec copie de l'article du journal ! 

Nous n'avons plus jamais entendu parler de cette "dette" ! 

 

CONCLUSION : L'amende était de 11 € à l'époque. Combien avons-nous dépensé : en temps ;  en allers-retours en voiture Courson-Auxerre ; en timbres et enveloppes ; en encre d'imprimante et papier, en énervement face à notre impuissance ; etc. Les mauvais esprits diront que nous l'avons payée bien des fois ! 

• Nous leur rétorquerons que nous avons joué les redresseurs de torts et que nous en sommes fiers ! Na !!!

 Jeanine RIVAIS